La vraie vie, je pouvais enfin respirer un air pur. Je suis sortie de mon trou, du noir, de l'isolement, de la poussière et j'ai rejoins leur monde, votre monde. Je goûte enfin à ce qui vous paraît habituel, un air vicié mais toujours plus pur que le mien. J'avance là où vous marchez sans vous en apercevoir, j'évolue dans cet air que vous respirez par simple réflexe et je me sens vivant comme jamais. Comment pouvez-vous tout faire de manière si répétitive et habituelle sans vous rendre compte de la chance que vous ayez ? Du plaisir que cela amène ? Je me sentais engourdi de bonheur, vraiment. J'avais envie de tout explorer, les moindres tréfonds de ma nouvelle demeure. Bien sûr je n'en oubliai pas la prudence, ma mère me l'a assez enseignée ! Je sais que ce monde est cruel, qu'il est rempli d'êtres perfides et meurtriers. Je marchais donc presque sans crainte mais toujours près des coins où me terrer dans le cas d'un bruit suspect, d'une ombre de mauvais augure. A la moindre alerte, j'étais prêt à me dissimuler à tout regard indiscret. Mais comment cela pouvait il influencer mon bonheur de me sentir libre, enfin ? Alors j'oubliais un peu la prudence, je ne me cachais plus vraiment, j'avançais doucement mais sûrement avec un plaisir intense. Là a été mon erreur, c'est trop tard que j'ai entendu des bruits. Où peut-être les avais-je mis dans un coin de mon esprit qui ne voulait pas les écouter ? Purement et simplement pour me laisser être heureux encore un peu sans aucune crainte ? Quoiqu'il en soit, je l'ai vu arriver trop tard, c'est ombre immense projetée vers moi. En quelques secondes à peine j'ai vu ma vie défiler devant mes yeux, si vous saviez comme elle était courte ! La peur m'avait envahie bien avant que cette chose s'écrase sur moi, je ne serai vous dire ce que c'était. Je l'ai senti écraser une partie de mon corps, j'étais touché, ma patte était à présent écrasé au sol au point d'y adhérer complètement. Une douleur inexplicable m'avait alors envahie, insupportable... J'étais sur le point de défaillir et je voyais cette immense chose se soulever, prête à s'abattre encore sur moi ! J'aurai souhaité qu'elle m'achève bien sûr, pour ne plus souffrir, mais si elle me ratait encore ? Je n'étais déjà plus qu'un amas de souffrance, je ne voulais pas revivre ça. Sans hésiter, je fis ce que j'avais à faire, chose encore enseigné par ma bonne mère. Je dirigeai ma queue droite vers le haut de mon c½ur, appréciant la courbe du pic qui la surmontait, regrettant de ne pas avoir pu l'utiliser contre cet ennemi. Eclair foudroyant, je l'avais abattu contre mon propre corps. Moi, petit scorpion venant à peine de découvrir le monde des humains, mourrai d'une mort rapide de ma propre initiative.
Mon avis ; J'aime le style d'écriture , c'est bien rédigé. Je trouve le sujet très original pour aborder la mort, le suicide , je n'aurais pas pensé au scorpion. Oui, le texte m'a plus. Tout l'honneur est pour elle.